Nous avons déjà discuté de la légèreté en équitation, dans
laquelle le cheval semble se 'porter tout seul', et se mouvoir avec
la même aisance qu'il aurait sans la présence de son cavalier.
Cette légèreté est l'objectif ultime de l'équitation française, et
sa marque spécifique. Mais elle ne s'obtient qu'après un long
dressage au cours duquel les aides, qui auront été soigneusement et
patiemment enseignées au cheval, deviennent de plus en plus
discrètes, jusqu'à cesser toute intervention...pendant quelques
instants. Le cheval est et reste en liberté surveillée.
Par contre, une équitation qui prétendrait laisser le cheval
libre dès le début, conduit rênes longues et jambes inertes ne peut
déboucher que sur une fausse légèreté, pour ne pas dire abandon car
d'une part le cheval ne serait pas en équilibre, et d'autre part la
communication entre lui et son cavalier serait impossible. Le
controle de ce dernier sur sa monture serait pour le moins
incertain, et laisserait place à toutes sortes de désagréments.
Et pourtant, au début du XIXe siècle, on pouvait voir des
cavaliers pratiquant cette équitation. La Révolution avait
démantelé l' Equitation Classique, et la Cavalerie de l'Empire
songeait plus à la guerre qu'à l'art, si bien que l'instruction
équestre avait pratiquement disparu en France. Je me demande
comment, avec une telle position, ces cavaliers pouvaient tenir à
cheval! Puis vint Baucher, qui rétablit la Belle Equitation grâce à
son génie qui fournit par le truchement de sa méthode, une base
rénovée et solide sur laquelle s'appuient encore aujourd'hui
ceux qui recherchent de la vraie légèreté.